Qu’est-ce qu’un aspirant

Aspirer signifie aspirer à quelque chose. Il devrait y avoir une sorte de désir profond qui vous pousse à aller dans cette direction. Ce désir constitue la vitalité de la personne.

Chacun de nous a besoin d’avoir assez de vitalité, de joie, une aspiration, un désir profond. Il est donc bon de s’asseoir et de regarder profondément pour reconnaître le désir le plus profond en nous. Sans cela, une personne n’est pas très vivante.

Nous avons eu une cérémonie d’ordination pour les aspirants au Village des Pruniers en France et en Thaïlande le 14 décembre 2017.

Quand nous parlons d’un «aspirant», nous pensons à la volonté qui est là chez la personne. Si cette personne est déterminée à aller dans cette direction, c’est parce qu’il y a une force qui la pousse. Cette force est le désir le plus profond que nous

puissions trouver en nous.
Si votre aspiration est forte, même si vous n’avez pas encore été ordonné moine ou nonne, votre présence dans la Sangha est déjà quelque chose de très positif parce que vous contribuez à la beauté de la Sangha par votre aspiration. Parce que vous avez cette aspiration, c’est pourquoi nous vous appelons un aspirant.

L’aspiration est une source de nutrition

Dans l’enseignement du Bouddha, l’aspiration est une sorte de nourriture. Nous apprenons dans le «Sutra sur les quatre sortes de nutriments» que «la volition», l’aspiration, est une source de nutriments. Il y a des désirs qui peuvent apporter de la souffrance. Mais il existe d’autres types de désirs qui peuvent apporter beaucoup de bonheur.

Il y a des gens qui ne comprennent pas les enseignements du Bouddha. Ils pensent que le chemin du Bouddha est de détruire toutes sortes de désirs. Ce n’est pas vrai. Lorsque vous êtes motivé par le désir de pratiquer afin de transformer votre souffrance, d’avoir la paix et la compréhension en vous afin que vous puissiez aider les autres, c’est le genre de désir qui ne causera pas de souffrance. Cela peut seulement apporter le bonheur.

Dans le bouddhisme, nous parlons de “l’esprit de l’amour”, de “l’esprit d’éveil”, de la “bodhicitta”. Cela signifie que vous avez la détermination et la volonté de devenir éveillé, libéré, d’aimer. C’est ce que chacun de nous devrait avoir. Chacun d’entre nous a cette graine de bodhicitta en nous.

Grande aspiration

Être aspirant pour être ordonné moine ou nonne ne vient pas du désir de mener une vie tranquille sans trop de perturbation. Ceci n’est pas un désir fort.
Siddhartha Gotama n’avait pas ce petit désir. Il avait un grand désir d’aller de l’avant, de chercher le chemin pour se transformer afin d’aider le monde.

La Sangha est faite d’individus qui ont une grande aspiration. Quand nous venons à la Sangha et rencontrons ces gens, soudainement, nous sentons que notre profond désir est arrosé et nous pouvons l’identifier. Parfois, nous ressentons beaucoup de vitalité en nous.

Thầy avait seulement 16 ans quand il a décidé de devenir moine. À cet âge, vous ne savez pas grand-chose sur le bouddhisme ou le dharma, mais il avait un désir profond. Il ne connaissait pas le chemin de la pratique. Il ne savait pas exactement ce qu’il ferait quand il deviendrait moine. Pourtant, il avait la conviction qu’en devenant moine, il pourrait faire beaucoup de choses: aider son pays, sa société, etc.

Cette graine peut lui avoir été transmise par plusieurs générations d’ancêtres. Il y avait un désir profond. Si fort que vous pensez que si vous ne pouvez pas devenir moine, vous ne pouvez pas être une personne heureuse.

Devenir moine ne signifie pas seulement se raser la tête et vivre la vie d’un moine. Non, c’est beaucoup plus que ça. Vous voulez faire quelque chose pour le monde. Vous savez que le chemin pourrait ne pas être facile, qu’il y aura des obstacles; mais vous n’avez pas peur parce que votre aspiration est si forte.

Bodhisattvas dans le monde

Une grande aspiration ne se limite pas aux moines et aux nonnes. Nous voyons de nombreux bodhisattvas en vie qui font de leur mieux pour aider le monde. La plupart de ces bodhisattvas sont des laïcs.

Pour être un bodhisattva, nous devrions être dotés d’une forte aspiration. La graine de notre aspiration est là. Nous devrions pouvoir l’exposer à l’arrosage de la Sangha.

Lorsque vous êtes habité par cette aspiration, vos yeux brillent. Vous marchez avec détermination sur votre chemin. Vous savez quoi faire, où aller. Vous avez une direction.

La chose la plus importante pour les bodhisattvas est de préserver ce désir profond, afin qu’ils n’abandonnent jamais, même s’il y a beaucoup d’obstacles devant eux.

Un bon environnement préserve notre aspiration

Nous avons besoin d’une sorte d’environnement qui maintient cette aspiration: une sorte d’énergie collective, une nourriture de conscience qui a la capacité de nourrir notre aspiration.

Les personnes qui ont de fortes aspirations produisent ensemble une énergie collective. Si vous êtes embrassé par cette énergie, si vous vivez parmi des personnes qui ont une forte intention de pratiquer et d’aider les gens, votre aspiration ne disparaîtra jamais.

C’est pourquoi la deuxième source de nutriments dans la vie spirituelle est la conscience collective, l’énergie collective générée par un groupe de personnes. Cette source de nutriments maintient et préserve la première source de nutriments.

Si nous vivons parmi des gens qui ne pensent qu’à consommer, qui sont pleins de haine et de colère, ce genre d’énergie collective n’est pas bon pour nous. Nous allons perdre notre bodhicitta après un certain temps. Nous ne devrions pas continuer à être dans cet environnement. Nous devons partir le plus tôt possible.

Nos enfants qui vivent dans un tel environnement souffriront également. Nous devrions chercher un environnement où nous pouvons recevoir une énergie saine pour que notre aspiration soit nourrie. Et une fois que nous avons trouvé un bon environnement, respectez-le. Si cet environnement est menacé par les nouvelles conditions de la société, faites de votre mieux pour protéger et préserver cet environnement.

Arroser la graine d’aspiration

Parfois, une personne ne semble pas avoir d’aspiration. Mais dire qu’elle n’a pas la semence de l’aspiration n’est pas vrai. La graine est toujours en elle, en lui. Elle a simplement été enterrée pendant longtemps sous beaucoup de couches de souffrance et n’a pas eu l’occasion de se manifester.

Si vous êtes en contact avec un bon environnement, si vous rencontrez une personne qui peut toucher cette graine de désir profond, ou de grands êtres qui ont une grande aspiration, vous pourriez avoir la chance que cette graine en vous soit arrosée. Soudainement, vous vous trouvez avec beaucoup d’énergie, beaucoup de force.

Remise de certificat des Cinq Entraînements à la Pleine Conscience après la cérémonie de transmission.

Cinq Entraînements à la Pleine Conscience

Beaucoup de pratiquants laïcs demandent à recevoir les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience.

Recevoir les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience signifie que vous voulez devenir un bodhisattva, un grand être pratiquant la grande compréhension, le grand amour, afin d’être utile au monde. Ce n’est pas un petit événement. C’est pourquoi lors de la cérémonie de transmission, il y a une demande formelle.

Lorsque nous étudions les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience, nous voyons que c’est le chemin du Bouddha, des bodhisattvas. Quand nous faisons le vœu de recevoir ces cinq entraînements, nous voulons vraiment devenir un bodhisattva, un grand être. Par conséquent, nous avons besoin de temps pour réfléchir à cela, pour prendre la décision.

Les enseignants du Dharma et d’autres personnes qui aident les pratiquants laïcs doivent être très clairs sur le fait que suivre les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience est un très grand événement dans notre vie.

Le moment où vous touchez la Terre devant les Trois Joyaux et recevez les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience est un grand moment de changement dans votre vie. C’est parce que vous recevez cette force, cette détermination, de vivre de telle sorte que vous pouvez changer votre vie et changer le monde.

Recevoir les entraînements ne signifie pas devenir bouddhiste, mais devenir bodhisattva. Un bodhisattva est quelqu’un qui a une force spirituelle très puissante en lui ou elle. Si vous pouvez avoir cette force à l’intérieur, vous pouvez devenir très vivant, très fort.

Consommation saine

Si nous avons déjà une force spirituelle, alors il nous est très facile de refuser la consommation de choses qui nous apporteront de la souffrance. Les livres que nous lisons, les magazines que nous consommons, les films que nous regardons, la musique que nous écoutons; ce sont des impressions sensorielles. Si elles sont une source saine de nutriments, nous pouvons préserver la santé de notre corps et de notre esprit.

Nous devons pratiquer la pleine conscience de la consommation afin que tout ce que nous consommons n’apporte que la paix et le bien-être à notre corps et notre esprit.

Pour les personnes qui n’ont pas une forte aspiration, qui ne sont pas protégées par une énergie collective de spiritualité, c’est difficile. Mais pour ceux d’entre nous qui ont une forte aspiration, qui sont avec une bonne sangha, pratiquer cela devient très facile.

Nous sommes facilement capables de lâcher prise du désir de consommer des choses qui provoquent l’envie, la violence, le désespoir, etc. dans notre corps. Nous n’avons plus besoin de ce type de consommation parce que nous avons de très bonnes choses à consommer tous les jours. Nous préférons pratiquer la marche méditative au lieu de consommer une sorte de musique ou de divertissement qui n’apporte pas de bien-être à notre corps et notre esprit.

Pratiquer la marche méditative est aussi une sorte de consommation. Chaque pas peut vous apporter la solidité et la liberté. Chaque pas peut vous aider à toucher les merveilles de la vie, rafraîchissantes et guérissantes. C’est aussi la consommation. Cela appartient à la troisième catégorie de nutriments – les impressions sensorielles.

Ensuite, nous arrivons à la quatrième source de nutriments – les aliments comestibles. Lorsque vous avez ce genre d’aspiration forte, vivez avec une telle sangha, sachez consommer seulement les choses qui sont bonnes pour votre corps et votre esprit, alors il est très facile pour vous d’être végétarien. Vous ne sentez pas que vous devez boire de l’alcool ou manger de la viande pour être heureux. Il est très facile pour vous de vivre de telle sorte que cela peut aider à préserver notre planète.

~ Basé sur l’enseignement de Thay le 5 novembre 2009 au Temple de la Bonté Aimante (Hameau Nouveau), Village des Pruniers France

 

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