Que faire de nos distractions ?

Soeur Thuân Nghiêm est une enseignante du Dharma qui réside au Hameau Nouveau après avoir passé de nombreuses années à l’AIAB, notre communauté de Honk Kong. Elle a accepté l’automne dernier de répondre à quelques unes de nos questions.

Y a-t-il un mantra qui vous ancre vraiment lorsque votre esprit s’enfuit ou court très vite?

Je pratique la méditation marchée tous les jours après le déjeuner. Vous devez vraiment choisir une pratique et y mettre tous vos efforts jusqu’à ce que vous puissiez la maîtriser, ne pas la laisser glisser de vos mains. Vous en choisissez un et vous le pratiquez de tout votre coeur. Quand Thay a enseigné «ne pas parler et marcher en même temps», je l’ai vraiment pratiqué à 100%. Vous devez vous investir. Thay a dit qu’il nous a donné la moëlle de ses os à manger. Nous devons en prendre ses enseignements au sérieux.

Choisissez une pratique. Je ne parle pas de beaucoup. Choisissez-en une, et pratiquez vraiment, comme ne pas parler en marchant. Je pense qu’à partir de là, l’esprit se calme car il a une direction claire. Cela m’a vraiment aidé à me transformer parce que j’ai pu me concentrer, voir mes schémas et mes habitudes, puis j’ai pu les transformer.

Dans le passé, dans la communauté monastique, si nous étions absents trois fois pour la méditation assise ou marchée sans raison valable, nous devions nous excuser devant la sangha. Cela nous a vraiment aidés à avoir une discipline, une direction claire, et à calmer notre esprit. Un avantage d’une petite sangha est que vous ne pouvez pas vous absenter. Si nous donnons la nourriture de la méditation à notre esprit avec régularité et aise, il va arrêter de courir. Souvent il court parce qu’il ne sait pas où aller…

C’est notre kung-fu. Si nous ne pratiquons pas tous les jours, cinq, dix ans passeront très vite et nous n’avons pas vraiment de fondation. Ce sera très difficile de continuer à pratiquer.
Imaginez-vous en train de nager et vous vous noyez. Si quelqu’un vous jette une bouée de sauvetage, vous vous y accrochez car c’est une question de vie ou de mort. Vous ne pouvez pas plaisanter à ce sujet. Pensez donc à la méditation, à la respiration comme ça. Plusieurs fois, Thây était vraiment malade et a failli mourir. Mais juste parce qu’il savait comment respirer sans rien faire d’autre, sans laisser les pensées ou la peur envahir son esprit, il a survécu. Vous devez donc choisir une pratique et y mettre toute votre force vitale ; pas seulement de l’énergie mais toute votre force de vie.

Je pense que j’ai de bonnes habitudes car j’ai vécu avec Sr. Chan Duc pendant trois ans en tant que novice. Ce fut une véritable bénédiction de vivre avec elle car elle est très disciplinée et sérieuse. En vivant avec elle, j’ai lentement formé la bonne habitude de ne pas sauter d’activités. Je participe à 100% au programme de la sangha, tous les jours, sauf quand je suis malade.

Lorsque nous sommes nouvellement ordonnés, nous avons de nombreuses habitudes et elles sont beaucoup plus fortes que notre volonté de pratiquer. En suivant l’emploi du temps, en établissant ne régularité, lentement, on retrouve la discipline, et cela nous aide à être modérés en tout. Quand il est temps de manger, nous mangeons, de marcher, nous marchons, de dormir, nous dormons, de se taire, nous nous taisons. C’est à la portée de etout le monde. Cela nous entraîne en fait à être modérés en tout. Si nous ne suivons pas un certain rythme, nous n’avons aucune discipline. Quoi que nous aimions faire, nous le faisons. Ce que nous n’aimons pas, nous ne le faisons pas. Même si nous vivons de nombreuses années dans la communauté, si nous n’avons pas développé ce genre de discipline, il est très difficile de transformer des habitudes. Ensemble nous pouvons changer. Mais il faut commencer par chacun de nous. Le pouvoir est entre nos mains.

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One comment on “Que faire de nos distractions ?
  1. michel says:

    Tout est là !

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