Ordination de la famille des Gingkos

Les membres de la famille des Gingkos avant le repas formel au cours duquel ils ont demandé à devenir novices dans notre communauté


Comment vivre une vie pleine de sens ? Qu’est-ce que le grand amour ? Y a-t-il un moyen d’échapper à la souffrance personnelle, familiale, ou sociétale ?

Ces questions ont conduit un groupe de 15 jeunes hommes et femmes à choisir la vie de moine ou nonne bouddhiste – une vie simple et célibataire de pratique et de service.

Avec l’accord de leur famille, le 17 octobre, onze d’entre eux ont été ordonnés novices au Village des Pruniers en France, et quatre au monastère de Deer Park aux Etats-Unis. Ils entrent dans la communauté monastique sous le nom de la « famille des Gingko ».

Écoutons ce qu’ils ont à dire.

Frère Ruong Huong avec son père lors du thé qui a suivi la cérémonie d’ordination

Remerciement à ma famille
“Vous voir tous les deux assis ici devant moi est le plus beau cadeau que j’aie jamais reçu “, a dit Frère Troi Ruong Huong à ses parents lors du thé que la communauté a partagé avec les familles après l’ordination.

Frère Troi Ruong Huong (Ciel du Champ des Parfums), 25 ans, ne s’attendait pas à ce que ses deux parents viennent de Finlande pour son ordination. “Ils ont divorcé quand j’avais 10 ans. Le plus difficile, c’est quand ils se parlaient négativement et me disaient que je leur rappelais l’autre. Cela a créé des conflits en moi. J’avais l’impression qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi.

Je ne savais pas à quoi m’attendre quand ils sont arrivés au Village des Pruniers. C’était si surprenant pour moi de les voir s’asseoir et discuter. J’ai ressenti un tel soulagement. C’est comme si quelque chose qui était là depuis longtemps avait enfin changé.

Nous sommes allés nous promener ensemble, nous avons pris le thé en famille. Je sais que c’est toujours très difficile pour eux. Cela n’aurait pas été possible sans l’atmosphère d’ici. D’une certaine façon, c’était très étrange. D’une autre manière, je me sentais plus entier que jamais, comme si je faisais à nouveau partie d’une famille.”

Il a fallu un an et demi à Soeur Trang Khuong Cu (Lune de la Vitalité de la Demeure) pour convaincre sa belle-mère de son désir de devenir moniale.

“Je suis mariée depuis 36 ans. Avant de devenir moniale, j’ai dû demander le divorce à mon mari. Il est si gentil. Il a accepté sans me poser de difficultés. Nous avions une bonne relation. Bien sûr, nous nous sommes disputés, mais nous avons compris que nous nous aimions.

Ma belle-mère pensait peut-être qu’elle ne m’aimait pas assez, ou que mon mari n’était pas assez bon ou ne prenait pas bien soin de moi. Je lui ai dit que ce n’était pas la raison. Lentement, elle a pu comprendre davantage[mon aspiration la plus profonde]. Elle m’a même envoyé des cadeaux pour l’ordination.

Avant de quitter le Vietnam, elle m’a dit que si jamais je me sentais malheureuse, sa porte était toujours ouverte pour m’accueillir à nouveau. Je lui suis très reconnaissante de sa gentillesse.”

Sœur Trang Khuong Cu a aussi trouvé difficile d’écouter les autres au début.

Soeur Khuong Cu s’exprimant devant la sangha

“J’avais beaucoup de jugements. La pratique qui m’a le plus aidé est d’écouter le son de la cloche. Avant, quand j’entendais les cloches, je ne savais pas comment écouter. Mais ici, chaque fois que nous entendons la cloche et que nous nous arrêtons pour nous concentrer et écouter le son, ma pensée à commencer à s’arrêter. J’ai senti la paix dans mon corps et dans mon esprit.

J’ai été très surprise. J’essayais simplement d’écouter le plus longtemps possible. Mon esprit devenait très calme. Lentement, au son de la cloche, il m’a aidé à écouter le chant des oiseaux, le vent, la pluie, et finalement à écouter d’autres personnes.

Maintenant, je ressens beaucoup de joie quand j’écoute le partage des autres.”

Soeur Trang Khuong Y (Lune de Vitalité de l’Esprit) a dû faire ses plans pour venir de New York au Village des Pruniers en secret. Quand elle ea annoncé son souhait de devenir moniale sa famille et ses meilleures amies lui ont dit “Tu es folle !” Ils lui ont dit que la vie monastique serait difficile et que si elle ne souhaitait pas se marier, elle pouvait continuer à travailler et à voyager.

Soeur Khuong Y avec sa famille d’ordination, au premier rang, seconde en partant de la gauche

” Ce n’est qu’après avoir passé 6 mois au Village des Pruniers que j’ai appelé ma soeur aînée pour lui faire part de mon intention de recevoir l’ordination ici. Je lui ai demandé de ne pas en parlé au reste de la famille de peur que “la maison ne prenne feu ! ” Mais finalement elle a trouvé moyen de leur en parler lors d’une réunion de famille à l’extérieur pour ne pas faire de peine à ma mère. Et trois de mes soeurs ont fait le voyage pour l’ordination.

Au début, mes soeurs pleuraient toute la journée ! Elles avaient peur de me perdre, de ne plus jamais avoir de contact avec moi La communauté les a embrassées et elles ont pu faire l’expérience de la pratique du Village des Pruniers. Elles se sont rendues compte que ma vie n’est pas ce qu’elles imaginaient. Elles se sont ouvertes, elles ont pu accepter ma décision et maintenant elles sont heureuses du chemin que j’ai choisi. Et le mieux, c’est que ma mère aussi se réjouit de mon choix!

Le don du véritable amour

L’ex-épouse de Frère Troi Ruong Phap (“Ciel du champ du Dharma”) est venue du Portugal pour l’ordination, avec la mère du nouveau frère et son nouveau partenaire.

“Alice est une vraie bodhisattva. Elle a pris soin de moi et m’a orienté dans cette direction. Elle m’a aidé tout au long de mes hauts et de mes bas.
Je vivais alors en Allemagne, à la recherche du succès en tant que photographe, mais je n’ai jamais trouvé de sens à mon existence. J’ai toujours ressenti une sorte de vide, même au milieu d’une belle relation. Je projetais toute ma souffrance sur la personne que j’aimais le plus.

Alice m’a dit : “Va au Village des Pruniers, va voir ce que tu peux faire pour toi. Elle a réservé le train, elle a tout réservé pour moi. Quand je lui ai plus tard parlé de mon désir de devenir moine, elle m’a donné sa bénédiction la plus sincère.

Je ne sais pas comment définir ce genre d’amour. Ce doit être l’amour pur. Maintenant, je veux pouvoir lui donner tout ce qui est bon, guérir le passé et me transformer. Cette aspiration est pour elle mais aussi pour tous les êtres.”

Frère Ruong Phap avec sa mère à la fin de la cérémonie d’ordination

Comme la plupart des jeunes, Sœur Trang Khuong Am (“Lune de la Vitalité de la Mélodie”) cherchait le bonheur dans une relation amoureuse.

“Les premiers moments ont toujours été magiques. J’avais le sentiment d’être vue, aimée et comprise. Il est très naturel pour les humains de vouloir être aimés. Mais je cherchais la satisfaction de ce besoin en dehors de moi. Au bout d’un moment, les choses lentement changeaient. C’était toujours parce que je n’avais pas le sentiment d’être en sécurité, ou parce que je me sentais seule. J’attendais beaucoup de choses de l’autre.

J’ai réalisé qu’il valait mieux que j’apprenne d’abord à prendre soin de moi.

Quand j’ai découvert le Village des Pruniers, je suis tombé amoureuse du Dharma. J’ai trouvé la sagesse pour me guider, et la sécurité en elle. Je me sentais moins seule. J’ai aussi eu le sentiment de tomber amoureuse de la solidité et de l’équanimité de quelques soeurs qui m’ont aidé à voir la beauté en moi, à voir comment je peux m’aimer moi-même.

J’ai maintenant l’impression d’avoir une relation intime avec quelque chose de plus grand qu’une personne. Ici, j’ai l’espace pour développer plus d’amour et ouvrir mon cœur. En me comprenant, en m’acceptant et en m’aimant davantage, je suis capable de donner davantage aux autres. C’est mon aspiration la plus profonde.”

Soeur Khuong Am entourée de nos frères et soeurs aînées pendant la cérémonie d’ordination

Frère Chi Dao, du monastère de Deer Park, en Californie

Une vie de célibat n’est pas nécessairement facile. Frère Troi Chi Dao (“Ciel du Chemin Déterminé”) du Texas a dit : “C’est dur ! En tant que novice, je vois toujours le désir sensuel comme un plaisir. Je n’ai que 27 ans. J’ai encore des pulsions sexuelles. Il y a encore une partie de moi qui cherche une compagne avec qui passer ma vie. Mais plus je pratique le célibat, plus je vois que les désirs sexuels peuvent vraiment contrôler ce que nous faisons et comment nous agissons. Pour l’instant, je me réfugie dans les préceptes.

J’ai touché le fond vers 2013. J’ai perdu mes amis, je me sentais seul, perdu, confus et en colère. J’ai vécu ma propre souffrance, celle de ma famille et de notre société, mais je n’avais pas les outils pour aider les autres. J’ai déménagé à la campagne pour me retrouver un peu. J’ai commencé à pratiquer la méditation et j’ai remarqué des petites différences dans ma vie. Cela m’a amené à m’intéresser au bouddhisme. Quand j’ai découvert le monastère de Magnolia Grove et le programme de cinq ans, j’ai trouvé ça génial ! Pour moi, faire partie d’une sangha qui pratique de façon à nourrir des graines saines est l’une des meilleures choses que nous puissions faire. La base du bonheur est la base de tout le reste.”

Un cadeau pour notre famille, notre société

“Etre un « moine bouddhiste zen français », c’est offrir quelque chose à ma société, quelque chose aux enfants, mais aussi à toute la France, à la terre, à tous ” dit Frère Troi Ruong Lanh, 25 ans (Ciel du champ de Bonté).

“Ce qui m’a amené au Village des Pruniers, c’est voir la souffrance de ma société. À un moment de ma vie, j’étais très en colère contre la société, surtout contre ma culture. J’ai pu voir à quel point j’avais hérité de souffrances de ma société, de l’école et de nombreuses circonstances.

Je suis très reconnaissant et chanceux que Thay soit venu en France et y ait établi le Village des Pruniers. Je vois beaucoup de gens qui viennent de l’autre bout de la planète pour pratiquer ici. Pour moi, il me suffisait d’aller en ligne, de réserver et de prendre le train pour venir ici.

J’apprends à être réel, à être moi-même, à offrir de l’amour.”

Frère Ruong Lanh lors de la cérémonie de transmission des préceptes de novices

Quand tu deviens moniale, tu le fais aussi pour ta famille, pour tous tes ancêtres.” En entendant cela quelques jours avant l’ordination, Sœur Trang Khuong Gioi, 27 ans (Lune de la Vitalité des Préceptes) a pu lâcher prise de sa nervosité.

“Je suis très heureuse que ma sœur soit venue de Taiwan au Village des Pruniers.

Soeur Trang Khuong Gioi lors de la cérémonie de la rose, lors de laquelle les aspirants font la demande officielle de devenir moines et moniales quelques jours avant l’ordination

Avant l’ordination, je me suis entraînée à toucher la terre tous les jours. Je savais que pendant la cérémonie, je n’aurais qu’à respirer et à m’abandonner aux trois joyaux [le Bouddha, le Dharma, la Sangha]. Je sentais la forte énergie de la Sangha qui me soutenait. J’étais très détendue et en paix.

Après mon ordination, j’ai l’impression que je ressens moins le besoin de téléphoner à ma famille. Maintenant, je veux leur écrire des lettres pour partager ma pratique et me connecter profondément avec eux.”

Frère Minh Dia du monastère de Deer Park

Frère Troi Minh Dia, 25 ans (Ciel de Terre Radieuse) a été profondément ému pendant l’ordination quand sa mère lui a rasé les cheveux.

“La première réponse de ma mère quand j’ai décidé de devenir monastique a été : “Il n’y a aucune chance que tu y arrives. » Elle m’a fait passer des tests et m’a même donné des conseils pour devenir agent immobilier.” Quand frère Minh Dia a persisté, sa mère a commencé par être vraiment triste.

“Puis elle est venue à Deer Park et elle a rencontré les frères et sœurs. Elle a vu ma pratique, mes améliorations et les faiblesses qui existent encore. Elle a vu que j’allais dans la bonne direction, que j’étais heureux d’être qui je suis, où je suis.

Ses yeux se sont ouverts et maintenant elle y voit une bonne occasion pour elle de pratiquer. Le fait d’être sur cette voie peut faire de moi une personne sur laquelle elle pourra s’appuyer et avec laquelle elle pourra s’entraîner. Maintenant, elle fait beaucoup mieux face à la tristesse.

Mes frères et sœurs m’ont aussi soutenu. Mon père disait : “Si c’est le chemin qui t’apportera le bonheur, d’accord, vas-y.”

Frère Minh Hoi du monastère de Deer Park

Frère Troi Minh Hoi (Ciel de la Compréhension Radieuse) a dit : “Grâce à cette pratique, je peux finalement être plus sincère quand je suis avec les gens. Cela a un réel impact sur ma famille.

Ma mère, en particulier, s’est intéressée de plus près à cette voie et a lu de nombreux livres de Thay. Elle a rejoint une sangha locale dans l’Ohio. Mon père est catholique pratiquant, mais il s’est ouvert à la lecture des livres de Thay et s’est montré très intéressé par mon mode de vie. Cela les a aidés tous les deux à transformer certaines habitudes fortes.

Je sais que lorsque ma mère apporte de la joie et de la gratitude à sa sangha, cela se répand autour d’elle et au delà. C’est ce que je ressens ici.

Les petits gestes que je pose chaque jour, qu’il s’agisse du régime alimentaire que je choisis, de faire ma part dans le recyclage et le compostage, d’écouter profondément la souffrance de quelqu’un, sont autant de moyens concrets de protéger l’environnement.

Un jour de pleine conscience, quand nous avons des centaines de personnes ici, un simple sourire peut apporter tant de paix.”

En fait, nous ne sommes pas éloignés du monde, dit frère Troi Ruong Hieu (Ciel du Champ de Piété Filiale) qui est Néérlandais de parents vietnamiens.

Frère Ruong Hieu avec ses amis venus célébrer avec lui le début de sa nouvelle vie

C’est le monde qui vient à nous. Je suis en lien avec le monde grâce aux retraitants qui viennent ici. En cultivant la paix et la compassion, je récolte les fruits de la pratique et alors je peux les offrir aux autres. Parce que je suis stable, ma famille peux voir que je suis heureux et cela peux les nourrir aussi de se réjouir pour moi.

La voie pour sortir de la souffrance

Frère Troi Ruong Nghia (Ciel du Champ de Gratitude), qui vient d’Allemagne, a 37 ans et il a débuté sa quête spirituelle il y a deux ans.

“J’ai réalisé qu’il n’y a pas de satisfaction dans toutes les entreprises de la vie. Travail, statut élevé, éducation, relation, peu importe ce que vous choisissez, même si c’est quelque chose de beau, ce n’est toujours pas satisfaisant. J’ai vu la souffrance sous-jacente.

Frère Ruong Nghia pendant la cérémonie

J’ai voyagé d’une retraite à l’autre, apprenant la méditation. J’ai rencontré la pratique du Village des Pruniers à l’EIAB [Institut Européen du Bouddhisme Appliqué, Allemagne]. Je ne me souviens pas avoir jamais rencontré autant de gens heureux au même endroit. Les nonnes riaient beaucoup. Je me sentais tellement heureux…

Je suis souvent un peu strict avec moi-même. Mais il faut être heureux pour endurer les choses difficiles. Au Village des Pruniers, j’ai appris à apprécier le bonheur dans tout ce que je fais, à me détendre, à laisser tomber les histoires, et à revenir à l’esprit d’un enfant débutant.”

De même, Sœur Trang Khuong Dinh (Lune de la vitalité de la Concentration), 40 ans, a commencé à se poser des questions sur le sens de l’existence en voyant la souffrance de sa famille et de ses ami.e.s au Vietnam. “J’ai vu que la clé sous-jacente est de comprendre notre esprit et d’apprendre à vivre avec bonheur dans la souffrance comme dans le bonheur.

Dans mon dernier emploi, j’ai travaillé avec beaucoup de jeunes qui avaient toutes les conditions pour être heureux. Pourtant, ils ne pouvaient pas voir cela, et ne pouvaient pas faire face aux souffrances de leur vie. L’un d’eux s’est même suicidé.

L’énergie qui m’habitait au plus profond de moi m’appelait à opérer un changement. Cette bodhicitta (“l’esprit d’éveil”) me garde en vie. En regardant en arrière, je peux voir que tout ce que j’ai vécu dans la vie est un chapitre qui m’a amené au Village des Pruniers. Ici, nous pouvons vivre d’une manière qui nous aide à nous voir clairement. Nous ne courons plus après beaucoup de choses.”

Soeurs Khuong Gioi et Khuong Dinh, les deux nouvelles novices du Hameau Nouveau

Frère Troi Ruong Duc, 40 ans (Ciel du Champ des Vertus), qui est le frère aîné de la famille des Gingkos pensait qu’il pourrait trouver le bonheur en travaillant comme volontaire social en Malaisie.

“Mais j’ai rencontré beaucoup de problèmes, surtout parmi les membres de l’équipe. La souffrance a commencé avec des critiques les uns envers les autres, et avec un grand nombre de conflits.

J’aidais les gens. Mais comment se fait-il que je n’étais toujours pas heureux ? Je savais que le problème venait de mon esprit, mais je ne comprenais pas mon esprit.

Frère Ruong Duc avec les cadeaux qu’il a reçu le jour de son ordination

J’ai cherché en ligne pour trouver une communauté bouddhiste ayant une pratique qui peut résoudre mon problème. Le premier site web qui est apparu c’est le Village des Pruniers. J’ai écouté Thay partager les méthodes de pratique.

En arrivant au Village des Pruniers, je ne parlais pas bien anglais. Chaque fois que quelqu’un me parlait, j’avais honte et j’essayais d’esquiver. Mais je savais que ce n’est pas une bonne façon d’agir. J’ai donc essayé d’être courageux et je me suis poussé à aller aux sessions de partage sur le Dharma.

Je veux pratiquer et être moine pour comprendre la cause de ma souffrance. Si je peux soulager ma souffrance, me comprendre davantage, j’aurai peut-être une chance de mieux comprendre les autres.”

Pendant la cérémonie, quand soeur Trang Thanh Doan (Lune de Dignité Claire) a touché la terre en signe de gratitude envers ses parents, son coeur a fondu.

“Je suis une enfant unique. Quand ma mère a su que je voulais devenir moniale, elle a beaucoup pleuré ! Comme beaucoup de gens elle pensait que les moniales mènent une vie très austère et elle craignait pour ma santé. Mais comme j’ai persisté, maman a commencé à se rendre compte que je devenais plus heureuse et plus joyeuse avec la pratqiue. J’étais plutôt pessimiste avant. En appliquant les enseignements de Thay, j’ai réalisé que lorsque je reviens vraiment à ma respiration, même avec une seule respiration, la paix revient.

En grandissant, je voyais que mes parents n’étaient pas heureux. Je ne souhaitais continuer ce genre de vie, dénué de joie et de bonheur. La première fois que j’ai rencontré Thay, rien que le voir marcher paisiblement et librement a suffi à toucher mon coeur. C’est à ce moment là que le désir de devenir moniale est né en moi. J’ai choisi d’être ordonnée au monastère de Deer Park pour être près de ma mère. J’ai choisi de suivre mon idéal et je sais que cela la fait souffrir. Je suis très reconnaissante qu’elle accepte ce sacrifice.


Tagged with: , , , , ,
One comment on “Ordination de la famille des Gingkos
  1. michel says:

    Félicitations à eux pour l’engagement qu’ils prennent malgré certains gros sacrifices.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*