La paix à chaque pas – Retraites en Israel

Fin mars 2017, Sr Bi Nghiêm de l’Institut Européen du Bouddhisme appliqué en Allemagne, et Sr Dao Nghiêm du Village des Pruniers sont allées en Israel pour soutenir deux retraites : une retraite de trois jours à Ramallah à côté de Jérusalem, dans le nord de la Palestine, dans les territoires occupés, et une autre retraite de cinq jours au Kibbutz de Biet Oren dans la forêt de Carmel. Les participants étaient des personnes de tout âge et de tout antécédent le plus jeune ayant 16 ans et le plus âgé 75 ans. Plusieurs participants pratiquent la pleine conscience dans la tradition du Village des Pruniers depuis plus de 20 ans, et étaient présents lors de la première visite de Thich Nhat Hanh en Israel en 1997.

Aujourd’hui plusieurs enseignants du Dharma laics ainsi que de nombreux membres de l’Inter-être  co-animent des sanghas à Jerusalem, Tel Aviv, Mevasseret, Negev et Ein Hod.

Depuis la première visite de Thay des enseignants du Dharma laics d’autres pays viennent régulièrement soutenir les sanghas. Ces deux retraites en Mars ont été rendues possible grâce au généreux soutien financier de la grande famille du Village des Pruniers.

De nombreux retraitants connaissaient déjà la pratique et ont offert à la retraite leur stabilité et leur paix. Nombreux d’entre eux sont engagés très activement dans la construction de la paix, faisant de leur mieux pour offrir leur soutien au milieu d’une situation très complexe. “Ce n’est pas facile d’organiser des retraites dans les territoires occupés, et nous pouvions voir le grand courage des organisateurs,” dit Sr Dao Nghiem. “Dans de telle situation, chacun est encore plus motivé à pratiquer, car ils en ont vraiment besoin. C’est essentiel de les aider à amener la paix et la compassion pour eux-mêmes, leur famille et pour la situation, alors qu’ils font tout leur possible pour choisir un autre chemin que celui de la violence”. Un des retraitants partageait : “la visite des soeurs était un stimulant très nécessaire pour notre pratique durant ce temps difficile”.

“Notre premier challenge a été tout simplement, de les aider à se sentir en sécurité durant la retraite”, dit Sr Dao Nghiem. “Nous voulions créer les conditions nécessaires pour qu’ils puissent arroser en eux-mêmes les semences de joie et de bonheur dans le moment présent”. Cela a demandé un effort assidu, alors que le premier jour de la retraite, Mohammed Hatab, un adolescent, a été tué par les militaires dans le camp de réfugiés non loin de l’endroit où ils étaient en train de pratiquer la méditation assise. “Nous pouvions entendre les coups de feu, mais nous ne savions pas à ce moment-là ce qui se passait”, a dit un des retraitants. “mais la retraite nous a permis de prendre refuge dans la pratique et la sangha, de telle sorte qu’en tant que sangha, nous pouvons offrir la pratique comme un refuge pour les autres.”

Le contexte de la retraite a aidé tout le monde à aller plus profondément dans leur pratique. “Durant ces deux retraites, nous voulions offrir à tous l’opportunité d’embrasser, de prendre soin des émotions et des sentiments qu’ils pouvaient rencontrer dans leur coeur.” dit Sr Dao Nghiem. “Bien sûr, il y avait l’énergie de la peur. Les deux côtés se sentent menacés. mais avec la pratique tout peut être embrassé, accepté et gentiment transformé à un niveau très profond. Chacun a ressenti profondément la gratitude pour la paix et la solidité qu’ils ont pu générer à l’intérieur d’eux-mêmes.”

“La retraite à Ramallah a été la première opportunité pour les personnes des sanghas de Ramallah et de Nablus de se rencontrer et de pratiquer ensemble. C’était un moment joyeux et très précieux ” a partagé un des retraitants.
Soeur Dao Nghiem a partagé combien il était émouvant pour elle de voir les jeunes gens présents découvrir qu’il y avait “une autre façon”, “un autre chemin”, une autre sorte de futur – non seulement le chemin de la guerre et de la violence. “Nous pouvions voir sur leur visage que la retraite avait fait une différence. Le dernier jour, tout le monde était plus détendu. La retraite a permis de restaurer un sens profond de confiance dans l’humanité. Et que nous sommes tous des frères et des soeurs.”

Alors que nous lui demandions de partager sur ses sentiments personnels à propos de ce voyage et comment c’était pour elle de partager le Dharma en Israel pour la première fois, Soeur Dao Nghiem nous a dit qu’elle s’était sentie profondément émue. Tout d’abord, de se trouver dans une terre si ancienne (“la terre sainte”), où tant de cultures, de traditions et de religions se rencontrent. “J’ai été touchée par l’hospitalité et la gentillesse de toutes les personnes que nous avons rencontré. La dimension spirituelle est très forte. Vous pouvez sentir très fortement la présence du passé dans le moment présent. Dans les roches, dans les bâtiments, à chaque pas. Alors que je menais la marche méditative, je pouvais sentir la présence de Thay dans mes pieds : sa compassion, sa paix. J’étais très consciente que nous étions en train de marcher sur la Terre Sainte, sur une “terre sacrée”. Ma pratique était de me dire “Shalom” (paix en hébreu) alors que je mettais un pied sur le sol et “Salaam” (paix en arabe) alors que je plaçais le suivant, pour amener l’énergie de réconciliation dans chacun de mes pas.”

Ce n’est pas facile de cultiver les semences de paix et de joie dans un environnement difficile, mais c’est possible. “Peu importe le nombre de gouttes de paix et de reconciliation que nous avons pu contribuer à la situation,” dit Sr Dao Nghiem, “au moins ces quelques gouttes ont été ajoutées.”

Pour en savoir plus sur les sanghas du Village des Pruniers en Israel et Palestine, ou offrir votre soutien, veuillez visiter leur page web :

www.mindfulness-israel.org

Posted in Nouvelles Tagged with: ,

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*