Journée internationale de prière et de conscience contre le trafic humain

Le Pape François a désigné le 8 février 2016 comme une journée internationale de prière et de conscience contre le trafic humain.

Beaucoup de nos amis se souviennent qu’en décembre 2014, une délégation du Village des Pruniers a rendu une visite historique à Rome pour représenter Thây à l’invitation du Pape Francis, pour la signature de la Déclaration commune des dirigeants religieux contre l’esclavage moderne.

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Il est dit dans un extrait de la Déclaration:

Nous, signataires de cette Déclaration, sommes rassemblés ici aujourd’hui pour prendre part à une initiative historique pour inspirer une action sur les plans spirituel et pratique chez les croyants de toutes les fois et de tous les ordres et chez les gens de bonne volonté partout dans le monde, afin de mettre fin à l’esclavage d’ici 2020, dans tous les mondes et pour tous les temps. Aux yeux de Dieu, chaque être humain est une personne libre, qu’il s’agisse d’une fille, d’un garçon, d’une femme, ou d’un homme, et est destiné à exister pour le bien de tous dans l’égalité et la fraternité. L’esclavage moderne, en termes de trafic humain, de travaux forcés et de prostitution, de traffic d’organes et de tout type de relation qui manque à respecter la conviction fondamentale selon laquelle toutes les personnes sont égales entre elles et dotées de la même liberté et de la même dignité, est un crime contre l’humanité.

Et notre maître bien aimé a dit, dans le discours écrit de sa main qui fut lu à la signature de la déclaration:

”Il est clair que dans cet âge de globalisation, ce qui arrive à l’un d’entre nous nous arrive à tous. Nous sommes tous interconnectés, et nous sommes tous co-responsables.

Dans notre travail pour mettre fin à l’esclavage, nous devons trouver le temps de prendre soin de nous-mêmes, et de prendre soin du moment présent. Ce faisant, nous nous mettons en état de trouver une paix relative dans notre corps et dans notre esprit pour continuer notre travail. Nous avons besoin de reconnaître et d’embrasser notre propre souffrance, notre colère, notre peur et notre désespoir, afin que l’énergie de compassion puisse être maintenue en notre coeur.

Quand nous aurons plus de clarté dans notre esprit, nous aurons de la compassion non seulement pour les victimes, mais aussi pour les trafiquants eux-mêmes. Une fois que l’on voit que les trafiquants ont souffert, on peut les aider à s’éveiller et à arrêter ce qu’ils sont en train de faire. Notre compassion peut nous aider à les transformer en amis et en alliés de notre cause.

Afin d’assurer la subsistance de notre oeuvre de compassion, nous avons tous besoin d’une communauté spirituelle qui nous soutienne et nous protège – une communauté véritable, où il y a une vraie fraternité, de la compassion et de la compréhension. Nous ne devrions pas nous lancer dans cette entreprise comme des cavaliers seuls.

Les racines de l’esclavage moderne sont profondes, et les causes et les conditions, les réseaux et les structures qui le soutiennent, sont complexes. Pour cette raison, nous devons construire une communauté qui puisse continuer ce travail de protection de la vie humaine non seulement jusqu’à 2020, mais bien au-delà.

Le monde dans lequel nous vivons est globalisé, et il en est de même pour cette nouvelle forme d’esclavage, qui est connectée aux systèmes économiques, politiques, et sociaux. Ainsi, notre éthique et notre morale ont aussi besoin d’être globalisées. Un nouvel ordre mondial requiert une nouvelle éthique mondiale. Nous devons prendre le temps de nous asseoir ensemble, en tant que personnes issues de nombreuses traditions, comme nous sommes en train de le faire en ce moment, pour trouver les causes de cette souffrance. Si nous regardons ensemble en profondeur, avec un esprit clair, calme, et paisible, nous comprendrons les causes de l’esclavage moderne, et alors nous pourrons trouver une voie de sortie.”

Il est d’autant plus approprié que le Pape Francis ait désigné le 8Josephine_Bakhita3février comme la journée internationale de prière et de conscience contre le trafic humain que ce jour est la fête de Saint Joséphine Bakhita, une soeur Canossienne qui fut kidnappée et vendue comme esclave à un jeune âge au Soudan. Une fois libérée, elle choisit d’entrer dans un ordre religieux et passa le reste de sa vie à aider ceux qui vivent dans la pauvreté et la souffrance.

Nos entraînements à la pleine-conscience suggèrent qu’étant conscients de ”la souffrance causée par l’exploitation, l’injustice sociale, le vol et l’oppression, nous sommes déterminés à cultiver la générosité dans notre façon de penser, de parler, et d’agir (…) Nous respecterons la propriété des autres mais nous essaierons d’empêcher les autres de tirer profit de la souffrance humaine ou de la souffrance d’autres êtres”.

Il est clair que le trafic humain sous toutes ses formes engendre de la souffrance inavouée, et aussi, malheureusement, des profits inavoués.

Ce que vous pouvez faire

Le Village des Pruniers aimerait proposer quelques pratiques simples pour soutenir cette journée globale de prière et de conscience:

Partager un moment de silence et de conscience avec votre Sangha, votre famille, et vos amis

Ecrire un poème ou un gatha pour se concentrer et créer de la compassion aussi bien dans son coeur et son esprit que dans le coeur et l’esprit des autres

Marche en prière/veillée à la lueur de chandelles: organisez une marche en prière dans votre communauté en éveillant la conscience du fait que le trafic humain a lieu dans toute communauté. Finissez la marche dans votre centre-ville ou dans un lieu vénération où il y aura des chandelles allumées et ouvrez un temps de prière et de réflexion

Planifiez une discussion lors de la pause déjeuner sur votre lieu de travail, occasion pour vous de partager sur la question du trafic humain avec vos collègues

Faites des recherches sur la façon dont vous-mêmes et autrui pouvez soutenir votre réseau local dans son oeuvre d’amener une prise de conscience à propos des formes modernes d’esclavage ainsi que sur les actes que vous pouvez réaliser pour aider à soutenir les victimes du trafic humain

Ensemble, faisons du 8 février et de chaque jour une journée contre l’esclavage.

Joignez-vous aux dirigeants religieux en signant leur déclaration pour mettre fin à l’esclavage en 2020: www.globalfreedomnetwork.com

Avant de faire des achats, vérifiez si les produits ont été fabriqués en faisant appel au travail forcé: www.goodguide.com  (site en Anglais)

Voyez combien d’esclaves travaillent pour vous: www.slavefootprint.org

Pour plus de ressources d’éducation et d’action: www.ipjc.org (site en Anglais)

Vous pensez être au courant d’un cas de trafic humain? Aux EU, appelez la Ligne Nationale du Trafic Humain: 1-888-3737-888

 

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