Célébration du Nouvel An Vietnamien

Les fêtes du Têt (nouvel an vietnamien) viennent tout juste de se terminer. Voici quelques souvenirs des festivités

drapeau

Lever du drapeau de Têt

fleurs

Marché aux fleurs

gateaux

Fabrication des gateaux de la terre

feux

La cuisson des gateaux de la terre prend place durant toute la nuit

27 janvier

Voeux du Nouvel An

Prière du nouvel an à notre Mère la Terre et à tous nos ancêtres

Bien aimé Thầy
Bien aimés ancêtres
Bien aimée Terre Mère,

Nous nous sommes rassemblés en tant que quadruple sangha, en ce moment solennel du nouvel an, pour exprimer notre gratitude et nos aspirations comme famille spirituelle, ainsi que pour prendre ensemble un nouveau départ. Nous savons que vous, nos ancêtres, êtes là, présents, à cet instant précis et que vous êtes toujours là pour que nous puissions prendre refuge en vous. Alors que nous touchons la terre ce soir, nous nous sentons profondément reliés à vous tous et à toi, notre chère Terre Mère : notre belle planète bleue, le grand boddhisattva de la Terre rafraîchissante, parfumée, bienveillante et inclusive. Terre Mère, nous sommes tous tes enfants et, malgré nos nombreuses erreurs et défaillances, chaque fois que nous revenons à toi, tu es prête à nous ouvrir les bras et à nous embrasser.

Thầy bien aimé, souvent dans le passé, nous avons laissé l’incertitude arroser des graines de peur et d’insécurité au fond de nos cœurs. Nous avons hésité à prendre refuge dans la Voie de la pratique et nous avons douté de notre famille et de notre communauté. Nous n’avons pas pratiqué de tout notre cœur. Nous avons laissé nos émotions fortes et nos perceptions erronées nous submerger, laissant s’élever des sentiments d’impuissance, de séparation et de désespoir.
Conscients de cela, nous voulons prendre un nouveau départ et nous rappeler notre engagement à pratiquer de tout cœur, à prendre refuge dans notre communauté bine aimée et à être la continuation de Thầy et de nos ancêtres spirituels. Nous aspirons à vivre plus profondément, en cultivant tout au long des activités quotidiennes notre respiration et notre marche conscientes, dont nous savons que ce sont vos pratiques favorites. Nous savons aussi que vous aimez construire la Sangha et nous faisons le vœu de continuer votre tâche, de bâtir la fraternité de tout notre cœur, même si parfois cela nous semble un défi. Nous ne nous éloignerons pas de la pratique, ni n’abandonnerons nos biens aimés ou notre communauté mais nous aspirerons à écouter en profondeur et à nous aider les uns les autres, sans jamais mettre de côté personne, même pas ceux qui nous font souffrir.

Chère Terre Mère, en tant que famille humaine, à cause de notre recherche désordonnée du bonheur, nous avons laissé l’avidité et le consumérisme dominer. Nous avons couru après un statut, du pouvoir, des richesse matérielles et du réconfort sensuel, oubliant que ces choses ne peuvent jamais nous amener le vrai bonheur et la liberté. Nous t’avons beaucoup blessée, et nous nous sommes blessés nous mêmes, exploitant nos rivières et nos montagnes, maltraitant nos forêts et les autres espèces vivantes, polluant notre atmosphère, te faisant perdre ta beauté et ton équilibre. Nous sommes déterminés à simplifier notre mode de vie et à nous souvenir que nous avons suffisamment de conditions pour être heureux dans le moment présent. Nous faisons le vœu de vivre avec plus de profondeur et de gratitude, conscient que le simple fait d’être en vie est un miracle. L’an prochain, nous sommes déterminés à consommer moins et à faire des efforts pour adopter un mode de vie durable, à la fois pour toi, notre chère Terre Mère et pour nous.

Chers ancêtres, nous avons permis à la peur, au fanatisme et à l’intolérance de diviser notre famille humaine. Nous nous sommes faits souffrir les uns les autres, discriminant contre les religions, l’appartenance ethnique et la nationalité. Nous avons fermé nos cœurs et nos frontières, par peur et par ignorance. Nous avons provoqué des guerres, des conflits et une atmosphère de terreur entre nous. De plus, nous avons autorisé l’escalade de la militarisation de notre société. Nous avons oublié que nous sommes interdépendants et que notre propre bonheur et notre propre souffrance sont profondément reliés à ceux des autres et même dépendants d’eux.
Nous croyons qu’en nous il y a la sagesse de la non-discrimination et de la grande compréhension, que vous nous avez transmis, vous, tous nos maîtres spirituels, nos ancêtres, et notre Mère la Terre. Nous sommes déterminés à demeurer sur la Voie de la pratique spirituelle, à garder nos cœurs ouverts et à renoncer à notre orgueil, afin que la compréhension et l’amour puisse prévaloir.

Alors que nous touchons la terre, nous vous exprimons notre gratitude, à vous notre maître bien aimé, à nos ancêtres, et à la Terre Mère. Nous avons un chemin et une famille spirituelle en laquelle prendre refuge. Nous avons fait l’expérience de la joie, de la paix et de la transformation. Nous avons goûté la liberté que l’on trouve dans le fait de lâcher prise de nos idées et de nos notions. Nous avons ressenti la force et la chaleur de la fraternité et nous savons que c’est ensemble que nous pouvons faire face aux défis et réaliser notre aspiration. Nous faisons le vœu en ce moment solennel de continuer à construire notre famille et notre communauté et à dégager le chemin pour nos descendant et nous-mêmes.

Cher Thầy, chers ancêtres, chère Terre Mère, nous vous prions d’accepter nos offrandes d’encens, de fleurs, de fruits et de thé comme signes de notre profonde aspiration, de notre respect, de notre gratitude et de notre amour.

poesie

Présentation de poésie par nos soeurs

sr hoi n

Poésies de Sr Hoi Nghiem, abbesse du Hameau du Bas, présentées le 27 janvier 

Tu es la planète

Je respire avec toi, mon ami
l’air vaste de la terre et du ciel,
de la tranquillité du petit matin.
Respire profondément, plus profondément,
encore plus profondément,
afin de toucher le fond de la solitude et du désespoir.
L’air frais apaisera les blessures du passé
et le cosmos remplira l’espace laissé vide à l’intérieur.

Mon ami, vois-tu que le chemin sur lequel nous marchons est largement ouvert,
que la paix est là, infinie ?
Regarde, un champ de fleurs sauvages devant toi chante des refrains d’amour,
tout autour de toi, il y a des chemins qui te mènent à des collines où la brise est fraîche, où la lune brille doucement, où l’air est pur.
Souris largement, mon ami !
Ouvre ton cœur à la nature.
Vois-tu que tu es, toi aussi, une planète bleue recouverte de miracles ?

Ma poésie n’a pas la beauté d’une fleur que je peux cueillir pour te l’offrir.
Mes mots ne sont pas si mélodieux que je puisse te les chanter,
mais je marche à tes côtés sur des chemins largement ouverts.

Mon ami, verse toutes tes larmes de solitude et d’humiliation,
de souffrance, des soucis qui te rongent.
Laisse tomber l’hésitation et la confusion.
Toutes tes préoccupations, tes recherches, afin de pouvoir être libre et léger,
et à pouvoir remplir ton sac de vent et de lune.
Je ramasserai tes larmes et les cristalliserai pour en faire le nectar de la compassion et en asperger la sécheresse du désert.
Je transformerai l’océan de lamentations en sources claires
dans lesquelles tu pourras te baigner avec délices.

Je te chéris, toi, ton corps et ta conscience,
tout comme je chéris tous les aspects et toutes les expressions de la Terre Mère
parce que toi aussi, tu es une merveilleuse manifestation.
La Terre Mère recelle aussi des abysses noirs et profonds,
des déserts si chauds qu’ils brûlent…

Mais ce n’est pas important car la Terre Mère s’étend toujours à l’infini, pleine de merveilles innombrables.
La Terre Mère est toujours saine, avec ses prairies baignées de soleil,
sa luminosité matinale éclairant les montagnes.
La Terre Mère est toujours solide dans ses montagnes majestueuses, ses vastes océans,
Elle est toujours douce et paisible dans ses chemins de fleurs sauvages,
pure dans ses gouttes de rosée suspendues aux brins d’herbes.
La Terre Mère est encore radieuse dans le coucher de soleil sur le pic des Vautours,
Resplendissante dans ses chutes de neige immaculées.
La Terre Mère est déjà douce dans les chants des oiseaux matinaux et magnanime dans le son de la marée montante.

Mon ami, vois-tu que la forêt de peupliers forme une chapelle,
splendide en toute saison,
d’un vert luxuriant au printemps,
rafraîchissante en été,
glorieuse en automne,
supportant avec courage la venue de l’hiver.
Cette chapelle saluera ton retour,
guérissant en silence d’anciennes blessures.

Je ne m’inquiéterai pas à l’idée qu’un tempête survienne
car elles sont toujours là, les chaleureuses demeures de l’amour
qui t’accueillent, le feu allumé, et les collines fraîches
où tu peux t’asseoir pour regarder passer les torrents qui coulent
jusqu’aux rivières et aux lacs, abreuvant la terre.
Je ne m’inquiéterai pas pour l’abîme de misère,
pour les déserts brûlants,
parce que les merveilles que tu recèles
sont infinies,
un million de fois plus infinies que le désert.

Dans le calme du matin, j’entends l’oiseau chanter
J’ouvre mon cœur
pour t’observer dans la Terre Mère :
Toi et la Terre Mère, vous êtes deux spectaculaires planètes bleues.
Je remercie la vie,
Je te remercie,
Je remercie la terre Mère.
J’emporterai la paix du petit matin,
la tranquillité de la terre et l’immensité du ciel
et je marcherai à tes côtés
pour cueillir ensemble 1es fleurs du paradis.

La chanson de la non-naissance

Je voudrais partager avec vous, Thay,
L’histoire d’une fleur remarquable.
Ses couleurs ne sont pas attirantes
et sa beauté n’a rien d’extraordinaire
Mais son odeur est sans pareille :
elle appelle à l’éveil.

L’aube se lève quand la terre et le ciel se rencontrent.
Enfilant un manteau, je m’immerge dans la rosée matinale,
marchant le long du chemin,
aux côtés des rangées d’arbres,
nature dans sa plénitude.

Silencieux, paisibles,
doux et tranquilles,
à qui sont ces pas qui écoutent le rythme calme de la respiration ?

Calme,
sérénité !
Une voix résonne,
venant de l’espace ou du royaume des dieux, le paradis Tushita ?
Joyeusement,
je me retourne pour regarder
avec un sourire.
La voix n’est pas celle d’un son,
La voix n’est pas celle d’une couleur étincelante
mais celle d’un parfum qui flotte,
émanant d’une fleur remarquable,
douce, pénétrante
suave et profonde.

Je la respire profondément, la fraîcheur du matin
quand la lumière douce n’est pas
encore assez chaude
pour que les gouttes de rosée se transforment en nuages.

Un matin clément
Un début paisible
Un commencement joyeux
Un matin vaste et serein
Les fleurs et les arbres s’harmonisent avec la terre et le ciel dans le chant de la non-naissance.

dragonDanse du dragon au Hameau du Haut le 28 janvier (premier de l’an)

offrande

Offrande de fleurs

phap huu

Lettre de voeux pour Thay lu par Frère Phap Huu, abbé du Hameau du Haut

Très Cher Thầy Respecté, chère Noble Sangha,
Nous sommes réunis aujourd’hui en tant que quadruple communauté du Village des Pruniers, en ce premier jour du Nouvel An Lunaire, pour célébrer notre précieuse présence ensemble et pour vous exprimer, à vous ainsi qu’à tous nos maîtres ancestraux, notre gratitude. Nous sommes heureux que vous soyez bien entouré et embrassé par la quadruple communauté du Village des Pruniers là-bas en Thaïlande. Alors que nous respirons en pleine conscience, nous savons très bien que vous êtes ici également avec nous. Que pouvons-nous dire de plus que nous ne vous ayons déjà dit ? Vous nous avez tout transmis avec tant de compassion – votre cœur, vos pas, et plus important encore votre chemin de pratique. Que pouvons-nous exiger de plus de notre maître ?
Nous, vos enfants spirituels, sommes véritablement arrivés, et sommes vraiment à la maison dans ce moment précieux. Nous sommes bénis d’appartenir à une famille spirituelle tellement riche, issue de tant de pays, de cultures et de parcours si divers. A travers votre sagesse et votre compassion, nous avons pu goûter le bonheur et la paix du dharma, et avons été embrassés par l’amour et la guidance de la Sangha. Nous avons un Chemin. Nous avons une Communauté. Nous savons aussi comment chérir ce moment – et c’est pourquoi le futur est possible.
Merci Thầy de garder ainsi le feu vivant et de le transmettre à travers les générations. Nous sommes déterminés à pratiquer afin de garder ce cœur de la Bodhi – cet esprit d’amour et d’éveil – vivant en nous-mêmes, et afin d’être digne de votre confiance. L’ancienne forêt de la Sangha continue de bien se porter – à chaque saison germent de nouvelles feuilles qui offrent fraîcheur et protection à tous ceux qui en ont besoin. De partout, nombreux sont ceux – jeunes ou âgés, de tous milieux confondus – qui ont pu trouver à s’abriter au sein de cette forêt sacrée, qui ont pu trouver leur Demeure Véritable, et qui ont pu trouver le chemin de la pratique.
Cet hiver, nous avons pris le temps de solidifier et enrichir notre famille monastique. Nous avons pu apprécier encore plus profondément chacun de nos pas. Nous avons partagé les uns avec les autres, nous nous sommes écoutés, et nous avons joué ensemble. Nous ne nous sommes pas évités les uns les autres lors des moments délicats, mais au contraire nous avons trouvé les moyens de nous réconcilier et de nous accepter mutuellement. Nous apprenons à mieux nous comprendre entre nous, et à trouver les moyens de nous aider et de prendre soin les uns des autres. Nous savons que c’est là votre aspiration la plus profonde, et c’est notre plus grande joie.
Nous sommes confiants en un futur possible parce que nous avons un chemin de pratique clair et nous avons une communauté pleine d’amour en laquelle prendre refuge. En cette occasion de la Nouvelle Année du Coq, de tout notre cœur, nous faisons le vœu d’avancer dans les pas de Thầy, et de continuer comme il l’a fait à bâtir la Sangha : courageusement, avec profondeur et avec compassion.
Avec gratitude, nous touchons humblement la Terre devant Thầy et tous nos Maîtres Ancestraux.

voeux

 

 

oracle

Lecture des Oracles au Hameau du Haut

marie hélène

Lecture des Oracles au Hameau du Bas

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